| Le Traité de la liberté de l'âme, parfois intitulé également Traité de la liberté, est un opuscule anonyme bien connu des spécialistes de la littérature dite clandestine. Si les interprétations disponibles du texte sont diverses, l'horizon de la littérature secondaire portant sur ce manuscrit est remarquablement constant : les commentateurs pointent vers Diderot et La Mettrie, toujours pour marquer une forme de continuité entre le Traité et les ouvres de ces derniers, tout en reconnaissant parfois que de l'un aux autres a eu lieu un réaménagement fondamental du statut des thèses présentes dans le manuscrit, de leur enjeu moral, de la possibilité ou non de les diffuser, voire de leur contenu même. L'article reprend à nouveaux frais la question du lien entre Diderot et le Traité. Posée dans des termes aussi généraux, cette question s'avère peu féconde, quand bien même on distinguerait entre un Diderot jeune, un 2e Diderot, un Diderot du Rêve, etc. En revanche, si on insère le Traité dans des contextes éditoriaux précis, on peut poser la question des usages possibles du texte fontenellien à ces différents moments, puis celle des éventuels usages spécifiquement diderotiens, à la place de celle des postérités fontenelliennes dans tel ou tel moment de l'ouvre de l'encyclopédiste. |