Windows XP, version familiale, me rappelle mon TO7 !

Billet humeuristique !

Jean-Louis Malandain

     

     Quand j'étais jeune, voilà bientôt 20 ans, j'avais appris à programmer des didacticiels de français sur un TO7. C'était un "ordinateur familial" de chez Thomson. Quand on l'allumait, on était en Basic, conçu spécialement par Microsoft. Vous connaissez ? C'était chouette. On pouvait même afficher des exercices sur fond de journal télévisé pour analyser l'image... histoire de ne pas mourir idiot. Mais c'était lent, comparé à ce qu'on a connu plus tard. Remarquez, on s'y faisait très bien car la réponse à une question un peu délicate demande plus de réflexion que de vitesse machine.

     Les programmes élaborés à cette époque ont migré, via la nanoréseau, vers le prestigieux PC et son GW-Basic, toujours de chez Microsoft... Il suffisait d'inverser les coordonnées du curseur : locate colonne, ligne devenait locate ligne, colonne... Mais l'incrustation avait disparu ! Le progrès aidant, l'adaptation des programmes a été faite pour tourner en Quick-Basic du même fournisseur. Faire une copie d'écran, printscreen, est devenu une procédure complexe mais on l'a fait !

     Quelquefois, des bizarreries obligeaient à faire appel à des Basics concurrents (Turbo ou Power) pour faire tourner certains programmes avec des instructions certes rudimentaires mais tellement pratiques comme Draw "un mouton" ou Play "une chanson". Pourquoi ces anomalies ?

     Vous pensez bien qu'on n'avait pas le temps de répondre à cette question saugrenue au moment où se préparait la grande mutation de DOS vers Windows. Microsoft a évidemment proposé le Visual-Basic adapté à la nouvelle interface graphique. Mais le moindre fichier exécutable ne pouvait plus tourner sans son lanceur DLL de 360 Ko ! Par la même occasion, Draw et Play étaient carrément supprimés du Visual-Basic : il n'y avait donc plus d'anomalies. Je ne parle pas du grand chambardement dans la gestion des minuscules accentuées ni des centaines de textes qu'il a fallu convertir. Lubie, provocation ou contrainte réelle ? Je cherche encore pourquoi ! Aucun des grands gourous de l'informatique n'a bronché.

     Déboires sérieux auxquels on se fait quand on a la fibre didactique, d'autant que les "anciens" programmes, conçus sous DOS, continuaient à tourner. Il faut quand même reconnaître cet avantage de la compatibilité ascendante offert par Microsoft. Jusqu'aux versions 95 et (je crois) 98 de Windows, l'affichage se faisait dans une fenêtre comportant des commandes pour le cadrage (réduction / plein écran) ; c'est une façon commode de lancer plusieurs applications sur le même écran. De quoi se réconcilier avec Microsoft.

     C'était trop beau !

     Au XXIe siècle, on se doit de passer à Windows XP... et à la version 6 du Visual Basic dont le lanceur DLL est passé, lui, à 1 356 Ko (une disquette à lui tout seul !). Le plus troublant est qu'avec XP, le DOS n'est plus qu'une "invite de commande". Les "anciens programmes", que les versions précédentes amélioraient, sont difficilement (di)gérés... On perd les options de cadrage et les plantages ne sont pas rares quand l'instruction Screen modifie l'affichage (mode texte / mode graphique). Certes on peut encore utiliser les bascules ALT + Entrée (fenêtre / écran) ou ALT + Tab (tâches en cours) mais, avec mon XP familial, ces opérations sont d'une lenteur telle qu'elles ont fait renaître la nostalgie du TO7, ordinateur familial !

     Parfait, me direz-vous. La boucle est bouclée. On repart à zéro. Mais que de couleuvres il a fallu avaler pour en arriver là... et que de machines il a fallu acheter ! J'aurais bien mieux fait de garder la première et de continuer à m'amuser avec, en toute liberté et en toute innocence.

PS. Si quelqu'un a des lumières sur la façon d'apprivoiser l'XP pour qu'il tolère les programmes sous DOS, qu'il n'hésite pas à répondre par le même canal.

Jean-Louis Malandain
malandain.jlm@wanadoo.fr
18/04/02

Paru dans la  Revue électronique de l'EPI  n° e49 de juin 2002.

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Association EPI
12 juin 2002

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